Rendre la mobilité durable

Jürg Röthlisberger, directeur Office fédéral des routes (OFROU)

Nos vies sont façonnées par diverses mégatendances. L'une de ces mégatendances est la prise de conscience que nous devons rendre nos actions durables et compatibles. C'est certainement plus qu'un coup de pouce et cela nous encourage à contribuer à une plus grande durabilité dans le domaine de la mobilité également.

La mobilité englobe les personnes, les infrastructures, les véhicules, les données et le financement. La durabilité est possible dans tous ces domaines et l'interaction de ces cinq facteurs offre un grand potentiel. Chez l’être humain, c’est le comportement de conduite qui est au centre. Le bruit et les émissions de CO2 peuvent être évités, notamment grâce à une conduite préventive, et une contribution peut être apportée à l'amélioration de la fluidité du trafic. Ce sont surtout les employés du domaine des transports - les seuls « professionnels » du transport privé motorisé bien sûr - qui peuvent servir de modèles par leur comportement.

En ce qui concerne les infrastructures, nous pouvons contribuer à la durabilité grâce à des méthodes de planification et de construction compatibles. Les innovations techniques jusqu'à la technologie des matériaux nous y aident. Ceci s'applique également aux véhicules. Pendant longtemps, les véhicules de transport étaient presque exclusivement équipés de moteurs à combustion classiques, mais aujourd'hui nous avons de nouvelles possibilités. Les moteurs électriques à batteries, à hydrogène ou à pile à combustible, les moteurs à gaz ou les moteurs diesel de plus en plus performants - les moteurs diesel ont encore de l'avenir - contribuent au développement durable des véhicules. Il est important que chaque concept soit utilisé au bon endroit où il peut exploiter au mieux ses avantages. Dans les villes et les agglomérations, les camions électriques peuvent contribuer à la mobilité durable ; pour les longues distances, d'autres systèmes de propulsion sont une option viable. La technologie diesel a également un grand potentiel.

Fondamentalement, la Confédération souhaite aider la e-mobilité à faire une percée là où elle dispose de ses atouts spécifiques. C'est pourquoi elle a signé avec des associations et des représentants des cantons, des villes et des communes une feuille de route commune pour la promotion de l'e-mobilité. L'objectif est d'augmenter la part des véhicules électriques (ou véhicules dits « plug-in ») dans les immatriculations de voitures particulières neuves à 15% d'ici 2022. A cet effet, la feuille de route a défini des mesures concrètes dans les trois domaines d'action prioritaires « Développement réussi du marché des véhicules », « Infrastructure de recharge optimale » et « Incitations et conditions cadres ». Bien que la feuille de route sur la mobilité électrique ne s'applique pas aux véhicules de plus de 3,5 tonnes, nous travaillons en parallèle avec l'industrie, la recherche et l'éducation pour examiner comment nous pourrions promouvoir la diffusion des camions électriques. A titre d'exemple, nous voudrions mentionner l'augmentation de la charge de la batterie comme mesure possible.

La promotion de l'e-mobilité est cependant en conflit avec le financement routier basé sur le pétrole. Pour que les générations futures disposent également de suffisamment d'argent pour la construction, l'exploitation et l'entretien des routes et des chemins de fer, nous devons créer de nouveaux modèles de financement efficaces et durables dans un avenir prévisible.

Enfin, il est important de maintenir une approche prospective en matière de collecte, d'évaluation, d'utilisation, de mise en réseau et de fourniture de données relatives au trafic. Ce n'est qu'ainsi que le potentiel offert par les nouvelles technologies pourra réellement être exploité au profit d'une plus grande durabilité et d'une plus grande efficacité du système de transport dans son ensemble. Et c'est la seule façon de rendre possibles de nouveaux modèles économiques attrayants.

Voyons donc à l'avance les opportunités offertes par les mégatendances et les innovations dans les transports privés et contribuons ainsi à la mobilité durable.

 

Informations sur l’auteur : Jürg Röthlisberger (54 ans) est directeur de l'Office fédéral des routes OFROU depuis le 1er mars 2015. Après un apprentissage de dessinateur en génie civil, il a suivi une formation d'ingénieur civil (Ecole Supérieure Technique HTL et Ecole polytechnique fédérale ETH). Il a ensuite travaillé pour une entreprise de construction et une entreprise d'ingénierie. Il s'est joint au Service fédéral en 1997.